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« C'est avec grand enthousiasme que nous profitons des activités familiales offertes par la Ville » Famille Longpré
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Un peu de nous

Vous trouverez dans cette section des textes composés par des citoyens sur leur vécu en famille.

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ImageHistoiredallaitement
 Par Marie

Ma petite fée chérie,
Ça fait un an déjà que j’ai vu tes petits yeux pour la première fois…  Aujourd’hui, j’ai le goût de te parler de notre aventure d’allaitement.  Pour moi, ça a été tellement agréable, tellement magique, tellement doux.  Avant de le vivre, je ne pouvais pas m’imaginer d’être si proche d’un autre être.  Mais quand tu es arrivée, c’était fantastique.  Toi, ce petit bout de femme que j’avais tant attendu.  Tu étais là, pour vrai!  Collée dans mes bras, tu dormais paisiblement, lovée contre moi…
J’aurais tant aimé que ce soit naturel, que tu t’approches du sein, que tu y goûtes et que ça te comble!  Mais toi, tu avais envie de te coller et de te reposer…  besoin très légitime quand on y repense, après tout le travail que tu as dû faire pour sortir de ton petit cocon douillet.  Après tout, tu dois apprendre à respirer, à te réchauffer et t’habituer à la lumière, au bruit, au stéthoscope qui te touche… 
«Il faut mettre le bébé au sein dans les deux premières
 heures de vie»…  Toi, tu n’en voulais pas.  Tu as dormi plImageoiseauxbebeusieurs heures dès notre retour en chambre normale.  Ensuite ça a été la saga des infirmières qui ont chacune leur façon de faire.  J’essayais de te donner le sein en position assise «Madone», on me montrait la position «Football».  Une autre me disait d’allaiter couchée, que ça faciliterait…  À la tentative suivante, l’infirmière de garde me disait : «assieds-toi pour allaiter, c’est tellement plus facile!».  Entendez-vous… parce que moi, tout ce que je comprends c’est que ça dépend de chacune et que je n’ai pas le tour de te donner le sein, mon beau bébé d’amour! 
Et là, mon chum rongé par l’impuissance me proposait d’aller acheter un biberon…  Lui qui voulait bien faire, me rajoutait une pression immense…  Ce que j’en comprenais c’est qu’il ne me faisait pas confiance, qu’il pensait que je ne réussirais pas à donner ce que j’ai de plus précieux à ma petite fée…  Ce que j’aurais dû comprendre c’est que lui aussi rêvait de partager ce moment d’intimité où notre petite fille nous regarde d’un regard tendre en sous-entendant : «T’as compris ce que je voulais, c’est merveilleux!».  Mais ne serait-ce que les hormones, la fatigue, la fébrilité qui suit l’accouchement, il est beaucoup plus facile d’interpréter que de parler des vraies choses. 
Après plusieurs heures sans réussir à ce que mon petit ange tète, une infirmière s’inquiète…  «Pouvez-vous faire sortir une goutte de lait pour la stimuler?»  Une goutte…  non, si je touche le sein le moindrement, c’est l’avalanche!  Et la voilà qui me dit que, si je ne réussis pas au prochain boire, elle devra te donner du lait maternisé au compte-gouttes pour te nourrir…  Pourquoi te donner autre chose que mon lait si je peux être ton compte-gouttes moi-même?  Devant mon insistance, l’infirmière accepte de ne pas te donner autre chose tout de suite. 
Puis, une infirmière sans sourire et sans douceur arrive.  Elle m’explique en coup de vent qu’elle doit s’occuper de quatre femmes qui ont le même problème d’allaitement, que la conseillère en lactation n’est pas «là quand elles en ont besoin» et que, pour faire une bonne job, elle aurait besoin de plus de temps avec chacune. 
C’est cette infirmière qui arrive quelques heures plus tard, s’assoit sur mon lit et me regarde «essayer de te donner le sein».  C’est elle qui me dit que ma méthode est bonne, qu’il faut te laisser le temps d’apprendre.  Elle t’observe longtemps et m’explique que tu places ta langue au palais et que ça t’empêche de faire une bonne succion.  Ça ne règle pas le problème, mais ça fait du bien d’en connaître la cause!!!  C’est elle aussi qui m’explique qu’en te fournissant du lait à la goutte, je ne te laissais pas avoir assez faim pour te stimuler.
Après son passage dans nos vies, je me sentais plus légère, plus calme.  Je n’étais plus en combat avec toi pour te forcer à téter, mais je me sentais comme un coach.  Je ne tentais plus de te donner le sein, je te l’offrais…  Je t’expliquais patiemment avec des mots et des grimaces ce que tu devais faire pour réussir parce que je sentais que tu avais besoin de ma voix douce pour t’encourager.  Cet après-midi là, je nous ai donné un break d’essai…
Quand ta sœur est venue nous voir, je lui ai expliqué et elle te l’a expliqué à son tour.  À son départ, je t’ai collée longtemps, ta joue contre mon sein et je te l’ai offert.  Tu n’as bu que quelques minutes, mais au moins tu as bu.  Tu as placé ta langue de la bonne façon. Tu en étais capable!
Tout n’était pas simple, mais ce que je pouvais faire pour toi, c’était d’être calme et de t’aimer de tout mon cœur…  Et c’est là que l’allaitement est devenu agréable!  C’est devenu un moment magique entre nous.  Papa aurait bien aimé te donner une bouteille de temps en temps, mais j’avais tellement peiné pour y arriver que je ne voulais pas gâcher tout ce travail en te donnant un biberon, même si les réserves de lait s’empilaient dans le congélateur. 
Contrairement à mes attentes, je n’ai eu aucune douleur, ni crevasse, ni montée de lait douloureuse.  Ça allait de soi, c’était une sorte de prolongement de ma grossesse.  Tu buvais beaucoup, de jour…  comme de nuit.  Souvent par tétées groupées qui me donnaient l’impression de ne faire que cela de mes soirées.  Je te l’offrais «à la demande» et la demande était forte!  Mais je ne manquais pas d’énergie, j’étais vraiment dans une bulle de bonheur. 
Même quand est venu le temps de te donner un biberon de temps en temps, tu n’en voulais pas…  Pourquoi boire dans un contenant en plastique quand tu peux l’avoir tout chaud dans la douceur de ma peau sur ta joue?  À 8 mois seulement, tu as pris ta première bouteille.  C’est Mamité qui a réussi à te la donner parce que, tant que j’étais dans les parages, tu me réclamais…  Vers 10 mois, j’ai remplacé un boire par la bouteille et tu ne faisais déjà plus la différence…  Ce que tu voulais, c’est être nourrie…  peu importe comment!  Je m’étais toujours dit que 12 mois était certainement mon idéal à atteindre.  Tu as bu ton dernier boire au sein le jour de ton anniversaire.  Et tu ne l’as plus réclamé depuis. 
Un mois plus tard, tu étais malade et maussade.  Je me suis demandé si le sein te manquait.  Je te l’ai proposé et tu ne semblais pas savoir quoi faire avec cela.  Je l’ai alors posé sur ta joue comme tu aimais quand tu étais triste.  Tu ne l’as pas accepté non plus.  Alors je l’ai posé dans ta bouche et toi…  tu l’as mordu avec enthousiasme!  J’ai compris le message et ma culpabilité d’avoir mis fin à l’allaitement s’est dissipée… 
Maintenant, un petit frère grandit dans mon ventre et c’est à lui que je devrai apprendre à téter et à boire. Je ne sais pas encore quelle sera ta réaction en le voyant prendre ta place à mon sein, mais je sais déjà que je lui offrirai le temps nécessaire pour s’y habituer tranquillement!

Maman qui t’aime
 
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Date de mise à jour : 03/04/2014