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Le prix La Part du Lion de la Ville de Saint-Jérôme remis aux Grands Prix Littéraires Le Nord

Le prix La Part du Lion est la plus haute distinction attribuée par la Municipalité lors d'événements auxquels la Ville de Saint-Jérôme s'associe. Pour cette deuxième édition des Grands Prix Littéraires Le Nord, le prix La Part du Lion a été remporté par Jessica Kimpton de l'Université du Québec en Outaouais, campus Saint-Jérôme.

Jessica Kimpton a gagné la Part du Lion de la Ville de Saint-Jérôme décernée pour le meilleur texte toutes catégories dans le cadre de la deuxième édition des Grands Prix Littéraires Le Nord, placée sous le thème « Ma passion ».

D'autres gagnantes se sont aussi distinguées...

GrandsPrixLitteraires2010
De gauche à droite : Linda Flamand (lauréate catégorie Grand public), Carroll-Ann Blanchette (lauréate catégorie Cégep), M. Marc Gascon (maire de Saint-Jérôme), Myriam Kimpton (représentant sa soeur Jessica absente pour des raisons de santé), Mme Line Laporte (représentant sa fille Louisianne Laplante, lauréate catégorie Secondaire 1er cycle, en voyage à Washington), M. François Laferrière (président et éditeur du Journal Le Nord) Devant : Béatrice Marcoux (lauréate catégorie primaire 3e cycle), Maude Paquin (lauréate catégorie primaire 2e cycle), Rose Croisetière (lauréate catégorie primaire 1er cycle).

Texte de la lauréate :

Passion agricole

Contrairement à plusieurs passions, la mienne est unique, ancienne et originale. En effet, elle n’est pas née lors de la dernière pluie et elle a toujours contribué au maintien de l’espèce humaine. De plus, ma passion a pour moi un caractère très particulier, car elle m’a été transmise par mon âme sœur, Jonathan. Son inclination intense pour la production agricole est devenue mienne sur-le-champ. Or, ce qui rend ma passion vraiment unique est le fait qu’elle fluctue avec les saisons!

D’abord, c’est au printemps qu’elle est à son plus haut, car c’est là que les bourgeons éclosent, que les rivières se gorgent d’eau et que je peux enfin commencer à mettre en terre les semences! C’est lors de cette saison du renouveau que ma passion est au zénith, car c’est là que l’on sème le maïs et que l’on installe par-dessus celui-ci du polythène. Ce dernier permet de donner un petit brin de chaleur aux légumes en croissance, qui attendent impatiemment la caresse du soleil estival. De surcroît, c’est au printemps que l’on plante les premiers choux, en plus de mettre en terre les oignons. C’est aussi lors de cette saison des amours que Jonathan et moi hersons le champ avec son McCormick rouge et sarclons la terre. Les journées où le soleil est brûlant et où les nuages font la grève, nous irriguons le sol afin de donner à boire aux légumes assoiffés. Par ailleurs, je trouve formidable de réveiller la terre arable endormie depuis des mois en la stimulant avec les roues du tracteur. 

Ensuite vient l’été, la saison où la nature, loin d’être morte, s’exulte, et où je commence à récolter le maïs sucré. Tel le soleil, ce flambeau du jour qui rayonne sans cesse, je suis resplendissante de bonheur, car je vis intensément ma passion. Tôt le matin, je conduis le tracteur pendant que Jonathan récolte le blé d'Inde. J’adore cultiver ce tendre légume, qui capricieux comme moi en l’été, réclame un soleil intense et une terre fertile! J’aime aussi m’allonger sur le sol humide d’un champ de maïs où je me sens seule au monde dans un labyrinthe géant. J’y joue à la cachette avec le soleil, à la recherche de rayons lumineux qui transpercent les feuilles de près d’un mètre. Quand ils parviennent jusqu’à moi, ils me chatouillent doucement la surface de la peau. La couleur verte des immenses feuilles fait ressortir le vert forêt de mes yeux émerveillés. En outre, l’été, j’adore faire une balade sur le chemin menant aux champs. Mes pieds se moulent à la terre humide et m’amènent toujours plus loin dans l’univers de l’agriculture. J’immortalise avec mon appareil-photo la générosité de Dame Nature en passant d’un champ doré à un champ verdâtre, en plus de permettre à mes sens de se laisser-aller au gré du vent. Mon odorat jubile en reniflant l’odeur des légumes, ma vue se comble de bonheur en observant de petits animaux bien vivants, mon ouïe se repose en ne laissant pénétrer dans mes oreilles que le silence sans fin, mon toucher me permet d’entrer en contact avec la nature qui m’entoure et mon goût apprécie la saveur de l’été en mordant dans un chou frais.

Par ailleurs, plus le temps avance, plus les arbres revêtent un habit rougeoyant et plus les choux d’automne ont terminé de croître. Vient alors le temps de rentrer ces derniers à l’abri pour l’hiver afin qu’ils n’attrapent pas froid. C’est ainsi que je contribue à récolter les nombreuses plantes crucifères. Assise dans la remorque du tracteur, j’attrape les choux matures que mon copain vient de couper et je les mets délicatement dans des boîtes qui seront entreposées durant la saison hivernale. De plus, à l’automne, il ne faut surtout pas oublier d’hiverner la terre afin de la rendre impeccable pour le printemps suivant.

 En outre, comme les arbres, ma passion s’éteint tristement au cours des mois blancs qui suivent. Le champ, pourtant si coloré, devient un vaste territoire opalin et étincelant. Mais ne croyez pas que je laisse ma passion fondre comme neige au soleil. À l’inverse, je passe beaucoup de temps dans l’entrepôt où les choux y sont taillés afin de les rendre encore plus jolis et savoureux. L’hiver, je prends aussi plaisir à m’habiller en pelure d’oignon et à me promener sur les glèbes recouvertes de neige croustillante. Je savoure chaque moment où je m’étends sur celles-ci, les yeux vers le ciel, en regardant les étoiles me faire des sourires étincelants! L’hiver, le champ semble encore plus calme que l’été, grâce aux propriétés isolantes de la neige. J’ai ainsi l’impression de me trouver dans un immense igloo à ciel ouvert et parfois même dans le cœur d’un cristal titanesque. Je trouve toujours merveilleux de voir que l’hiver, les champs de maïs revêtent les allures d’une banquise, tandis que quelques mois plus tard, ils prendront les allures d’un tableau doré.

Finalement, ma passion agricole m’a sans équivoque fait croître comme un chou, éclore comme une fleur et me transformer comme une chenille qui devient papillon.

Jessica Kimpton
  
Date de mise à jour : 26/09/2016